Tandem de créateurs iconoclastes, Florent Ruppert et Jerôme Mulot font mentir le vieil adage selon lequel la bande dessinée est un art mineur réservé uniquement aux jeunes enfants. Ce qui est une bonne chose. Parce que la lecture d’un album de ces auteurs en est une exigeante. Peut-être aurez vous d’ailleurs la nette impression d’être sous le joug de substances illicites. Atmosphère glauque et mystérieux, peuplé de personnages sans visages, les auteurs s’appliquent à explorer, avec un humour qui leur est propre, les sombres tréfonds de l’âme humaine. Ils repoussent à tout coup les limites du 9ème art en déstructurant le récit, en distortionnant le médium, de sorte que le lecteur est fortement bousculer. Exit le confort d’un Enki Bilal ronflant, pour ne nommer que lui. Nous voilà en pleine zone de turbulence. Attachez bien votre ceinture.

Extrait d’une dédicace, ou l’on voit les deux auteurs à l’oeuvre, dessinant à deux mains:

Se situant quelque part entre Benny Hill et Tarantino, l’étonnant duo Ruppert et Mulot apporte un vent de fraîcheur dans une décennie où les auteurs revendicateurs des années 90 ont depuis, pour certain, pris un peu du bide.

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Bonus: voici un autre projet fou du duo, dans le cadre du Festival d’Angoulême.